Les annonces récentes de Sébastien Lecornu marquent le début d’une nouvelle ère pour les départements. Le Premier ministre souhaite leur conférer les pleins pouvoirs sur le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie. Cette transformation majeure redéfinit profondément les rôles entre l’État, les Agences Régionales de Santé (ARS) et les collectivités.
Élargissement des compétences départementales
Dans sa lettre du 24 novembre, Sébastien Lecornu confirme l’élargissement des compétences départementales dans les domaines social, médico-social et sanitaire. Sans mentionner directement les ARS, il souligne que « le temps est venu de les réformer » afin de redonner aux départements une position centrale dans la gouvernance du médico-social.
Cette réforme vise à renforcer le rôle des collectivités locales dans l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, tout en clarifiant la répartition des responsabilités.
Impacts sur les ARS et le secteur médico-social
Cette réorganisation ne sera pas sans conséquences. Les ARS, actuellement impliquées dans une partie de la gouvernance du secteur, seront inévitablement reconfigurées.
Cette transformation s’inscrit dans le cadre de la grande loi sur la décentralisation attendue en décembre, qui pourrait redessiner durablement la politique de l’autonomie et du handicap.
Réactions des acteurs du secteur
Si François Sauvadet et les Départements de France accueillent favorablement ces mesures, plusieurs organisations du grand âge et du handicap telles que FEHAP, FNADEPA, Nexem, GEPSO, APF France handicap, Uniopss et UNA tirent la sonnette d’alarme.
Les risques identifiés incluent :
- Les inégalités territoriales,
- La fragmentation des responsabilités,
- L’incertitude pour les acteurs de terrain déjà fragilisés.
Ces alertes montrent que le succès de cette réforme dépendra de la capacité à coordonner l’ensemble des acteurs et à éviter une complexification excessive du dispositif.
Questions centrales pour l’avenir
Deux questions majeures se posent aujourd’hui :
- Qui pilotera demain l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap ?
- Ce transfert de compétences renforcera-t-il réellement la qualité et la continuité du maintien à domicile ?
Les réponses à ces questions seront déterminantes pour évaluer l’efficacité et la pertinence de cette réforme.
Vers une recomposition profonde du médico-social
Le médico-social entre dans une phase de recomposition profonde. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer comment cette réforme impactera les territoires, les acteurs du maintien à domicile et les usagers eux-mêmes.
L’enjeu est clair : redonner aux départements un rôle central dans la gouvernance du secteur tout en assurant une continuité et une qualité de service pour les personnes accompagnées.
Source : Le Media Social
