Les statistiques 2024 du Code de la route semblent indiquer une amélioration des comportements des conducteurs en France, avec une diminution du nombre d’infractions constatées par rapport à 2023. Cette évolution doit pourtant être interprétée avec prudence.
Une réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2024 a supprimé le retrait de points pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h. La baisse des infractions enregistrées reflète donc en partie un changement de règle plutôt qu’un changement réel des comportements. Pour les structures dont les salariés se déplacent régulièrement — notamment dans le secteur sanitaire, social et médico-social — l’enjeu reste la prévention du risque routier professionnel.
Une baisse des infractions qui s’explique d’abord par la réglementation
En 2024, 27,6 millions d’infractions ont été relevées, soit une baisse de 8,6 % sur un an.
Cette diminution est largement liée à la réforme concernant les petits excès de vitesse. Les contrôles existent toujours, mais les sanctions ont évolué. Le nombre de retraits de points diminue mécaniquement, sans que cela signifie nécessairement une conduite plus prudente.
Le constat est simple : le mode de mesure a changé, pas forcément les comportements.
Les infractions les plus dangereuses restent fréquentes
Pendant que les petits excès de vitesse sont moins sanctionnés, certaines infractions demeurent particulièrement préoccupantes :
- Non-respect des priorités
- Usage du téléphone au volant
Ces comportements sont directement associés aux accidents corporels et continuent de représenter une part importante des retraits de points.
Ils concernent particulièrement les conducteurs professionnels ou salariés itinérants, exposés à la fatigue, aux contraintes horaires et aux distractions.
Une lecture nécessaire sur le long terme
L’analyse des données sur plusieurs années montre qu’il existe deux phénomènes distincts :
- Des tendances structurelles liées aux habitudes de conduite
- Des variations conjoncturelles liées aux règles et aux contrôles
Une évolution annuelle peut donc donner une impression trompeuse. La sécurité routière doit être analysée sur une durée plus longue pour comprendre réellement les risques.
Des réalités différentes selon les territoires
Les statistiques varient fortement selon les zones géographiques. Plusieurs facteurs influencent les chiffres :
- Densité du trafic
- Typologie du réseau routier
- Urbanisation
- Intensité des contrôles
Les zones rurales, où circulent fréquemment les professionnels du soin à domicile ou de l’aide à la personne, présentent des risques spécifiques : trajets longs, routes secondaires, visibilité réduite et fatigue accrue.
Un enjeu majeur pour les employeurs et les ESSMS
Pour les établissements sanitaires et médico-sociaux, la question dépasse la simple sécurité routière. Elle concerne le risque professionnel.
Les accidents de trajet ou de mission représentent une cause importante d’arrêts de travail et peuvent engager la responsabilité de l’employeur si les mesures de prévention sont insuffisantes.
Une politique de prévention adaptée doit notamment prévoir :
- Sensibilisation des salariés aux comportements à risque
- Règles claires sur l’usage du téléphone
- Organisation des tournées limitant la fatigue
- Rappels réguliers des consignes de conduite
L’objectif n’est pas uniquement de réduire les infractions, mais de diminuer les accidents.
La baisse globale des infractions au Code de la route en 2024 ne signifie pas nécessairement une amélioration durable des comportements. Elle traduit en partie une modification des règles de sanction.
Pour les structures employant des salariés itinérants, l’enjeu reste la maîtrise du risque routier professionnel. Seule une analyse contextualisée des données, associée à des actions de prévention concrètes, permet de sécuriser les déplacements et de limiter les conséquences humaines, organisationnelles et juridiques.
FAQ
La baisse des infractions signifie-t-elle moins d’accidents ?
Pas forcément. Une partie de la baisse est liée à la suppression du retrait de points pour les petits excès de vitesse et non à un changement réel des comportements.
Le téléphone au volant est-il une cause majeure d’accident ?
Oui. Il fait partie des comportements les plus fréquemment associés aux accidents corporels.
Un accident de trajet concerne-t-il l’employeur ?
Oui. Il est reconnu comme accident du travail et peut avoir des conséquences pour l’organisation et la responsabilité de l’employeur.
Les établissements médico-sociaux doivent-ils mettre en place une prévention routière ?
Oui. Les salariés itinérants sont particulièrement exposés et des actions de prévention font partie des obligations de sécurité.
Quelles mesures simples peuvent réduire le risque ?
Sensibilisation, organisation des déplacements, limitation de l’usage du téléphone et rappels réguliers des consignes de conduite contribuent à diminuer les accidents.
