Urgences : la charte nationale fait de l'accompagnant la règle

La Direction générale de l'offre de soins (DGOS) demande désormais aux établissements de santé de déployer la charte nationale de l'accompagnant aux urgences. Le principe : permettre au patient d'être accompagné par la personne de son choix, sauf lorsque des contraintes médicales ou organisationnelles l'empêchent.

L'enjeu est double : rassurer le patient sans perturber les soins.

Un principe : la personne de son choix

Selon le document diffusé dans les établissements, le patient peut être accompagné par une personne de son choix : un proche, la personne de confiance, un auxiliaire de vie. La charte prévoit également que plusieurs accompagnants puissent être autorisés auprès d'une personne en fin de vie.

La présence d'un accompagnant est présentée comme un appui pour le patient : elle peut le rassurer, faciliter la communication et aider l'équipe soignante.

Les limites prévues

L'accompagnement n'est pas automatique en toutes circonstances. Il peut être restreint pour des raisons de sécurité ou d'organisation des soins, par exemple en cas de réanimation ou de forte affluence. La charte rappelle aussi que l'ordre de prise en charge dépend de la gravité de l'état de santé et non de l'heure d'arrivée.

Des engagements réciproques

Le texte fonctionne comme un contrat de confiance entre les équipes et les proches.

  • L'équipe soignante s'engage à expliquer le fonctionnement du service et les étapes clés de la prise en charge, à écouter les informations utiles apportées par l'accompagnant (antécédents, autonomie, traitements) et à informer dans le respect de la volonté du patient et du secret médical. Elle propose aussi un moyen de contact.
  • L'accompagnant s'engage notamment à ne pas donner de médicament ni de nourriture et à quitter la zone de soins si on le lui demande.

En cas de difficulté, les usagers sont invités à en parler d'abord à l'équipe, puis à la direction de l'établissement et à sa commission des usagers (CDU).

Ce que les établissements doivent préparer

Afficher la charte ne suffit pas. Plusieurs sujets concrets se posent : l'aménagement des espaces, la formation des équipes à expliquer une restriction, la gestion des situations de tension et la sécurité des personnes présentes dans les locaux. Pour les structures qui adressent des résidents ou usagers aux urgences, la question de l'accompagnement par un professionnel ou un proche est aussi à anticiper.

Ce qu'il faut suivre

  • La déclinaison de la charte dans chaque établissement et sa diffusion aux équipes ;
  • les éventuels retours des usagers via les commissions des usagers ;
  • l'impact sur l'organisation des flux, notamment en période de forte affluence hivernale.

Ce qu'il faut retenir

L'accompagnant n'est plus l'exception aux urgences : c'est le principe, avec des limites médicales et organisationnelles. La réussite du dispositif dépendra de l'explication donnée aux familles et de la capacité des services à intégrer cette présence sans dégrader la sécurité ni la qualité des soins.


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