« Les Vieux méritent mieux ! » : 20 organisations mobilisées pour le grand âge

Le 13 octobre 2026, les acteurs du grand âge ont préparé la mobilisation nationale du lendemain. Ce mercredi 14 octobre, pour sa cinquième édition, 20 fédérations et organisations réunies autour de la FNADEPA (Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées) réclament davantage de moyens humains et financiers pour les établissements et services qui accompagnent les personnes âgées.

La qualité de l’accompagnement, l’attractivité des métiers, la dignité et la liberté de choix des personnes âgées sont au cœur de la campagne. Elle intervient quelques jours seulement après la Semaine Bleue, ce qui dessine un changement de registre : de la valorisation du vieillissement, on passe à l’interpellation politique sur les moyens.

Une mobilisation qui s’est installée dans le paysage

« Les Vieux méritent mieux ! » n’est pas un événement ponctuel. Lancée à l’initiative de la FNADEPA en octobre 2022, la mobilisation a connu quatre éditions avant celle de 2026 (2022, 2023, 2024 et 2025). Son audience a progressé : environ 18 300 professionnels, personnes âgées, familles et bénévoles s’étaient rassemblés lors de la première édition, contre 39 400 personnes lors de celle du 16 octobre 2025, dans les établissements et services à domicile partout en France.

Le format reste le même d’une année à l’autre : une triple mobilisation, physique, numérique et médiatique. Les établissements et services d’aide et de soins pour personnes âgées sont invités à organiser des rassemblements festifs réunissant professionnels, résidents, familles, élus et bénévoles, puis à diffuser massivement photos et vidéos sur les réseaux sociaux avec les mots-clics #UrgenceGrandAge et #LesVieuxMeritentMieux. Des conférences de presse interfédérales sont organisées au niveau départemental, régional et national. La participation est ouverte à tous : établissements, services, personnes âgées, aidants, bénévoles, élus, lycées professionnels, services civiques et citoyens concernés.

Qui est derrière cette édition 2026 ?

Vingt organisations portent la mobilisation, ce qui en fait un rassemblement qui dépasse largement les seuls gestionnaires d’établissements : ADEDOM, ADMR, AD-PA, CNDEPAH, FEHAP, FESP, FHF, FNAAFP/CSF, FNADEPA, FNAPAEF, FNAQPA, GEPSO, Mutualité Française, Nexem, Petits Frères des Pauvres, Synerpa, UNA, UNASSI, UNCCAS et Uniopss. Elles associent des acteurs publics, associatifs, mutualistes et privés, des services d’aide à domicile comme des établissements, ainsi que des organisations de retraités et de citoyens.

Cette diversité est en elle-même un message : sur le grand âge, des structures de statuts très différents formulent désormais un diagnostic commun.

Ce que réclame le secteur

Les organisations poursuivent un objectif explicite : interpeller le Gouvernement, les parlementaires et les candidats à l’élection présidentielle de 2027, et informer les citoyens des difficultés de l’accompagnement des personnes âgées.

Sur le fond, leurs demandes s’inscrivent dans la continuité des éditions précédentes. En 2025, les organisations appelaient l’État à respecter ses engagements par une loi de programmation pluriannuelle d’ici fin 2026, avec un financement garanti à hauteur de 1,6 % du PIB, soit 11,5 milliards d’euros supplémentaires par an pour aligner la France sur la moyenne européenne.

La FNADEPA a par ailleurs présenté le 24 septembre 2026 sa plateforme politique « Grand âge : le temps d’agir », composée de 35 mesures élaborées avec ses 1 650 adhérents et destinées aux candidats à la présidentielle. Elle s’organise autour de trois priorités :

  • Garantir à chaque personne âgée le respect de ses choix, de sa dignité et un véritable « chez-soi », quel que soit son lieu de vie ;
  • Assurer l’attractivité, la formation et la reconnaissance des métiers du grand âge ;
  • S’appuyer sur une gouvernance et un financement durable pour piloter efficacement les politiques du grand âge.

Pour étayer ce constat, la fédération avance deux chiffres issus de son propre diagnostic : 42,7 % des établissements et services médico-sociaux étaient en déficit fin 2025, et les deux tiers souffraient de pénuries de personnel. Ces données proviennent de la FNADEPA et doivent être lues comme telles.

De la Semaine Bleue à l’interpellation politique

Le calendrier éclaire le changement de ton. La Semaine Bleue, qui s’est tenue du 5 au 11 octobre 2026 pour sa 75e édition sur le thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! », a rassemblé près de 1 100 événements consacrés aux liens entre les générations et à la place des aînés dans la société.

Quelques jours plus tard, la mobilisation du 14 octobre déplace le propos : la valorisation du vieillissement ne suffit pas si les moyens d’accompagner les personnes âgées sont insuffisants. Cette séquence se joue d’ailleurs en parallèle de la mobilisation associative « Et si nous arrêtions vraiment ? », menée du 12 au 17 octobre pour alerter sur les financements, et à laquelle participent plusieurs des mêmes organisations, comme l’Uniopss et l’ADMR. Les deux mouvements s’ouvrent au moment où le Parlement entame l’examen du budget 2027, et visent un même horizon : l’élection présidentielle.

La FNADEPA avait d’ailleurs, durant l’été, interpellé publiquement les pouvoirs publics à la suite des canicules, en demandant combien de morts il faudrait encore avant une véritable politique du grand âge. Le sujet des moyens et celui de la protection des personnes âgées se rejoignent ainsi dans la même revendication.

Ce qu’il faut retenir

La cinquième édition de « Les Vieux méritent mieux ! » confirme que le grand âge cherche à s’imposer comme sujet de débat public à l’approche de 2027. Le slogan, volontairement direct, porte une demande précise : des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins.

Pour les directions d’établissements et de services, les employeurs et les partenaires publics, l’enjeu des prochains mois sera de suivre la manière dont ces demandes, formulées à la fois par les fédérations et dans les plateformes destinées aux candidats, se traduiront dans le débat budgétaire et dans les programmes de la présidentielle.


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