Protection de l’enfance : le parcours de soins renforcé sera généralisé en mars 2027
Le 12 octobre, de nouvelles précisions ont été apportées sur la généralisation du parcours de soins coordonné des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE). Cette généralisation est annoncée pour mars 2027. Dans le même temps, le débat sur les assistants familiaux reste très vif : pénurie, rémunération et sécurisation des parcours professionnels demeurent au cœur des inquiétudes du secteur.
Le parcours de soins coordonné des enfants de l’ASE : de quoi parle-t-on ?
Les enfants confiés à l’ASE sont des enfants dont le parcours de vie a souvent été marqué par des ruptures : changements de lieu d’accueil, de référents, d’interlocuteurs. Cette instabilité peut avoir des conséquences sur leur suivi de santé : des bilans qui ne sont pas réalisés, des soins interrompus, des informations médicales qui se perdent d’un accueil à l’autre.
Le parcours de soins coordonné vise à répondre à cette difficulté. Son principe : organiser la prise en charge de la santé de l’enfant de manière cohérente, avec des professionnels identifiés et un suivi qui reste continu malgré les changements de situation. Il couvre généralement la santé physique comme la santé psychique.
Sa généralisation à l’ensemble du territoire, prévue pour mars 2027, marque une étape importante : ce qui était jusqu’ici expérimenté dans certains départements deviendrait la règle pour tous les enfants concernés.
Mars 2027 : ce que signifie la généralisation
Passer d’une démarche expérimentale à un dispositif généralisé change l’échelle. Les précisions apportées le 12 octobre confirment l’échéance et donnent de la visibilité aux acteurs de terrain. Pour les départements, les établissements de la protection de l’enfance, les professionnels de santé et les services concernés, l’enjeu des prochains mois est de se préparer à la mise en œuvre.
Concrètement, cela suppose notamment :
●De clarifier le rôle de chaque intervenant dans le parcours (médecins, services départementaux, établissements, référents AS
● De d’organiser la circulation de l’information de santé de l’enfant dans le respect de la confidentialité ;
● De former et d’informer les équipes qui accompagnent quotidiennement les enfants ;
● De prévoir les moyens nécessaires pour que le dispositif fonctionne réellement sur le terrain.
Assistants familiaux : un débat qui reste aigu
La réussite du parcours de soins dépend aussi de ceux qui accueillent les enfants au quotidien.
Les assistants familiaux sont en première ligne : ce sont eux qui accompagnent l’enfant chez le médecin, repèrent les signaux de mal-être et font le lien avec les équipes. Or, leur situation concentre trois inquiétudes majeures.
La pénurie. Le nombre de professionnels disponibles ne couvre pas les besoins. Moins d’assistants familiaux, c’est plus de difficultés à trouver un lieu d’accueil adapté, et davantage de risques de ruptures dans le parcours des enfants.
La rémunération. Elle reste au centre des discussions, car elle conditionne l’attractivité du métier et la capacité à fidéliser les professionnels en place.
La sécurisation des parcours professionnels. Statut, évolution, stabilité de l’emploi, accompagnement en cas de changement de situation : les assistants familiaux demandent des perspectives claires pour s’inscrire dans la durée.
Ces trois sujets sont liés. Sans professionnels en nombre suffisant et stables dans leur emploi, la continuité du parcours de soins sera plus difficile à garantir.
Pourquoi c’est important pour les structures de la protection de l’enfance ?
Pour les établissements et services du secteur, cette double actualité appelle à anticiper. La généralisation du parcours de soins peut modifier l’organisation interne, les partenariats avec les professionnels de santé et les pratiques d’accompagnement. Les tensions sur les ressources humaines, elles, rappellent la fragilité d’un secteur où chaque départ ou absence a un effet direct sur les enfants accueillis. Se préparer, c’est aussi sécuriser son fonctionnement et ses engagements.


