ViaTrajectoire arrive dans les SAD : ce qu’il faut anticiper dès maintenant

Le numérique s’installe durablement dans l’organisation du secteur médico-social. Le 12 octobre, les fonctionnalités du nouveau module ViaTrajectoire Domicile ont été précisées. Son objectif : permettre l’orientation dématérialisée vers les services d’accompagnement et de soins à domicile. Pour les services concernés, ce n’est pas un simple outil de plus. C’est une nouvelle porte d’entrée vers leurs futurs bénéficiaires.

ViaTrajectoire Domicile : de quoi s’agit-il ?

ViaTrajectoire est une plateforme d’orientation déjà connue des professionnels de santé et du médico-social. Avec le module « Domicile », le dispositif s’étend aux services intervenant au domicile des personnes âgées ou en situation de handicap.

Concrètement, le module repose sur trois fonctionnalités complémentaires.

Un annuaire alimenté par le ROR. Le Répertoire opérationnel des ressources (ROR) est la base de référence qui décrit l’offre de santé et d’accompagnement sur les territoires. L’annuaire de ViaTrajectoire Domicile puise directement dans ces données. Il n’y a pas de seconde saisie : ce qui est inscrit dans le ROR est ce que verront les utilisateurs.

Une aide à l’orientation. Le module accompagne les professionnels, et potentiellement les familles, dans le choix du service le plus adapté à la situation de la personne. Cette aide s’appuie sur l’offre réellement disponible.

Un dossier d’admission standardisé et unique. Plutôt que de remplir un dossier différent pour chaque service sollicité, le demandeur renseigne un seul dossier, transmis ensuite aux structures concernées. Pour les familles comme pour les prescripteurs (hôpitaux, médecins, travailleurs sociaux), c’est un gain de temps et de lisibilité. Pour les services, ce sont des demandes reçues dans un format homogène, plus faciles à traiter.

Un module attendu : plus de 500 participants à la présentation

Le 9 octobre, la présentation du module par l’Agence du Numérique en Santé a réuni plus de 500 participants. Ce niveau de mobilisation montre que le secteur attend des outils pour simplifier les parcours et fluidifier l’orientation, notamment à un moment où la coordination entre l’hôpital, la ville et le domicile est un enjeu majeur.

Pour les SAD : une conséquence immédiate

L’annuaire reposant sur le ROR, la qualité des informations qui y figurent devient stratégique. Un service dont la fiche est incomplète ou dépassée risque d’être moins visible, voire écarté d’une orientation qui lui aurait correspondu.

Dès maintenant, les SAD ont donc intérêt à vérifier deux informations en priorité.

Les communes d’intervention. Le territoire couvert doit être exact et à jour. Si une commune n’est pas mentionnée, le service n’apparaîtra pas dans les recherches des personnes qui y résident. À l’inverse, une commune indiquée à tort peut générer des demandes auxquelles le service ne pourra pas répondre.

Les prestations proposées. Aide à la toilette, accompagnement dans les actes essentiels, soins infirmiers, interventions spécifiques : l’offre doit être décrite avec précision pour que l’aide à l’orientation propose le bon service à la bonne personne.

Au-delà de ces deux points, c’est l’occasion de désigner en interne une personne chargée de la mise à jour régulière de la fiche ROR, et de s’assurer que les coordonnées de contact sont fiables.

Anticiper l’impact sur l’organisation interne

L’arrivée d’un dossier d’admission unique et d’une orientation numérique aura aussi des effets au quotidien. Les demandes pourront arriver plus nombreuses et plus rapidement. Il faudra donc prévoir qui consulte les demandes, sous quel délai on y répond, et comment on informe le demandeur en cas de refus ou de liste d’attente. Un service préparé en amont pourra transformer cette visibilité accrue en véritable atout.


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